La période romantique en musique classique est marquée par le règne des contrastes, des rêveries et des grands sentiments. De Schubert à Mahler en passant par Chopin et Wagner, place aux élans du coeur!
Le romantisme, en musique comme en littérature ou en peinture, célèbre l’émotion, la liberté, l’individu. On ne cherche plus la perfection formelle, mais l’expression la plus sincère et la plus intense possible.
Quand l’artiste devient héros
Le romantisme musical naît au début du XIXe siècle dans une Europe en pleine transformation : bouleversements politiques, révolutions industrielles, nouvelles idées sur l’art et l’individu. Le compositeur romantique ne se voit plus comme un artisan au service de la cour ou de l’Église, mais comme un créateur inspiré, témoin de son temps. L’artiste romantique explore les profondeurs de l’âme humaine, ses tourments, ses rêves, ses blessures. Il exprime l’intime, parfois le mystique, souvent l’inaccessible.
Musicalement, le romantisme se veut plus libre par rapport à des périodes précédentes, comme le clacissisme: il élargit tous les cadres. Les formes, notamment, deviennent plus souples : on allonge les symphonies, on invente des poèmes symphoniques, on s’affranchit des structures classiques. L’harmonie devient aussi plus audacieuse, plus colorée, parfois presque instable. Les dynamiques (du plus pianissimo au plus fortissimo) se multiplient quant à elles. Et enfin, les orchestres grandissent, avec plus de cuivres, de bois, de percussions. Bref, tout devient plus intense, plus varié, plus personnel.
Des compositeurs aux univers très marqués
Le romantisme, c’est aussi la diversité des voix individuelles. Chaque compositeur semble inventer son propre langage, son propre monde. En voici quelques figures marquantes :
- Franz Schubert, maître de la mélodie et de l’émotion intime.
- Frédéric Chopin, poète du piano, tout en finesse et en douleur contenue.
- Hector Berlioz, génial et extravagant, pionnier de l’orchestre moderne.
- Robert Schumann, musicien du rêve et de la folie douce.
- Johannes Brahms, à la fois lyrique et rigoureux.
- Richard Wagner, architecte de mondes mythiques en musique.
- Piotr Ilitch Tchaïkovski, cœur à vif, entre lyrisme et drame.
- Gustav Mahler, au tournant du siècle, visionnaire et bouleversant.


Chacun a sa voix, son univers sonore, ses obsessions. Le romantisme, à travers eux, c’est la liberté d’être soi en musique, et une occasion d’explorer tous les états de l’âme humaine: l’amour, souvent idéalisé ou tragique ; la mort, vue comme mystère, délivrance ou drame ; la nature, refuge sublime et parfois inquiétant ; le voyage, réel ou intérieur; le destin, la foi, le doute.
La musique romantique veut faire ressentir avant tout. Elle ne cherche pas à être seulement belle, mais bouleversante.

Le piano, roi du romantisme
S’il y a un instrument qui incarne le romantisme, c’est bien le piano. Polyvalent, expressif, intime, il devient le compagnon privilégié des compositeurs romantiques, à la fois pour les œuvres solistes (nocturnes, préludes, impromptus, etc.) et pour accompagner la voix dans le lied ou la mélodie.
Mais le romantisme s’exprime aussi dans la symphonie, la musique de chambre, l’opéra… Il touche toutes les formes, tous les formats, et parce qu’il s’adresse directement au coeur en faisant appel à des thèmes universels et indémodables, il a traversé les époques et demeure tout aussi parlant pour le public d’aujourd’hui.
Tendre l’oreille
Voici une sélection d’oeuvres incontournables pour cette période, à découvrir… ou à réécouter!
- Symphonie fantastique, H. Berlioz
- Concerto pour piano n° 1, P. I. Tchaïkovski
- Kinderszenen, R. Schumann
- Nocturnes, F. Chopin
- Liebestraum, F. Liszt
- Das Lied von der Erde (Le Chant de la Terre), G. Mahler

