Avec sa sonorité riche, profonde et vibrante évoquant la voix humaine, le violoncelle semble fait pour dialoguer avec l’âme.

Ni aussi petit que le violon, ni aussi massif que la contrebasse, le violoncelle occupe une place un peu à part parmi les instruments à cordes. Comment cet instrument, longtemps resté discret, est-il devenu l’un des solistes les plus en vue de la musique classique ?
Un cousin du violon aux graves somptueux
Le violoncelle fait partie de la grande famille des instruments à cordes frottées. Comme le violon et l’alto, il se joue avec un archet, mais se distingue par sa taille (environ 1,2 mètre de long) et sa tessiture, qui descend bien plus bas. On le tient entre les genoux, posé au sol sur une pique métallique : une position unique, coeur contre coeur.
Sa voix est grave, chaleureuse, enveloppante. Le violoncelle peut chanter dans les médiums comme dans les graves, mais aussi s’élever dans les aigus avec une expressivité surprenante. Il est tour à tour noble, tendre, mélancolique ou passionné.
D’accompagnateur à soliste
Pendant longtemps, le violoncelle a surtout joué un rôle d’accompagnement. Dans les ensembles baroques, on le retrouve souvent au sein de la basse continue, en duo avec le clavecin ou le théorbe. Il donne la fondation harmonique, aussi discret qu’indispensable.
Mais dès le XVIIIe siècle, certains compositeurs lui offrent un rôle plus en vue. Jean-Sébastien Bach, par exemple, lui consacre ses célèbres Suites pour violoncelle seul — six chefs-d’œuvre intemporels, à la fois techniques et profondément méditatifs.
Au fil des siècles, le violoncelle s’émancipe. Il devient soliste dans des concertos, brille en musique de chambre, se révèle dans le répertoire romantique avec des œuvres de Schumann, Saint-Saëns, Dvořák… jusqu’à devenir une star au XXe siècle, grâce à des figures comme Pablo Casals, Mstislav Rostropovitch ou Yo-Yo Ma.
Une palette infinie
Ce qui rend le violoncelle si fascinant, c’est sa capacité à tout faire. Il peut chanter une mélodie avec une tendresse infinie, grogner ou rugir dans les graves avec puissance , pleurer, murmurer, raconter.
Il est à l’aise dans tous les styles, du baroque à la musique contemporaine, du tango argentin à la musique de film en passant par le jazz et même la pop. Il peut être introspectif ou flamboyant, méditatif ou lyrique.

Un lien direct avec l’humain
Peut-être que ce qui nous touche le plus dans le violoncelle, c’est sa proximité avec la voix humaine. Sa tessiture couvre presque exactement celle de la voix chantée, de la basse à la soprano. Son timbre chaleureux crée une sensation de proximité, d’humanité. C’est un instrument qui émeut, qui réconforte, qui console. En somme, c’est un instrument qui « chante » et semble murmurer des confidences à l’oreille de l’auditeur.
Que vous dit-il, à vous ?

Tendre l’oreille
Voici une sélection d’oeuvres incontournables à découvrir… ou à réécouter!
- Suites pour violoncelle seul, J.S. Bach
- Concerto pour violoncelle en si mineur, Dvořák
- Le Cygne, Saint-Saëns
